Sunday, September 14, 2014

Sangha apolitique



Dans Le Monde diplomatique, Martine Bulard écrit « [...] le financement de l'organisation tibétaine par la CIA ne relève pas du fantasme des communistes chinois : dans les années soixante, l'agence américaine aurait versé un million sept cent mille dollars, et l'enquête du New York Times ("Dalai-lama group says it got money from CIA", 2 octobre 1998) parle d'une subvention annuelle - modique, néanmoins significative - de cent quatre-vingt mille dollars versée directement au leader religieux, qui a démenti. » ("Défendre le Tibet sans forcément encenser le dalaï-lama", Le Monde diplomatique, août 2008.) Mais après la déclassification des documents comptables de la CIA, le représentant du dalaï-lama à Washington fut bien obligé de concéder : « C'est un secret dévoilé, nous ne le contestons pas. » (« CIA gave aid to Tibetan exiles in '60s, files show », Los Angeles Times http://articles.latimes.com/1998/sep/15/news/mn-22993 )

« Sans parler de ses opérations secrètes (dont, par définition, nous ne savons rien), la CIA intervient au Tibet, via la NED (National Endowment for Democracy), à travers pas moins de seize programmes multiples qu'elle subventionne ouvertement », précise Maxime Vivas. En soutenant le dalaï-lama, les USA prétendent défendre la démocratie tibétaine. « En de multiples occasions, ajoute Maxime Vivas, la propagande états-unienne a démontré sa capacité à parler par antiphrase, à nommer « démocraties » les pires dictatures sanguinaires et à prôner la liberté en multipliant les prisons à travers le monde, de Bagram (Afghanistan) à Abou Ghraib (Irak), en passant par Guantanamo (Cuba) auxquelles il faut ajouter le nombre impressionnant de prisons aux États-Unis mêmes, et des « prisons flottantes » secrètes. Notons au passage que, selon une étude réalisée par le Centre international des études carcérales de l'université londonienne King's College, « avec deux millions de détenus, soit sept cent quatorze prisonniers pour cent mille habitants, les États-Unis ont le taux d'incarcération le plus élevé du monde, devant la Russie et le Belarus ».

Le dalaï-lama et presque tous les hiérarques du lamaïsme font le jeu des Américains et de la CIA. Les vrais bouddhistes doivent donc se désolidariser de ces bluffeurs et créer une nouvelle sangha réellement apolitique.

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