Saturday, September 13, 2014

La seconde mort d'Ajahn Chah

Un autre regard sur la Thaïlande

Une vidéo et un site consacré à la sorcellerie du bouddha ont détruit mes illusions sur la Thaïlande. J’espérais quitter un jour l’Europe et son matérialisme pour m’installer dans un monastère thaïlandais. C’était avant de découvrir la pratique magique des Khuman thong. J’avais lu, il y a deux ans un petit article dans " Bouddhisme Actualités " au sujet d'un moine arrêté par la police thaïlandaise après avoir grillé un fœtus. J’étais persuadé que ce moine était un psychopathe, j'ignorais l'existence de la sorcellerie du bouddha.

Les représentations en bois des Khuman thong sont omniprésentes en Thaïlande (temples, commerces, particuliers…) Je ne voyais que des éléments folkloriques dans le fatras des autels : un mélange insolite de représentations de rois, d’animaux, de bouddhas, d’enfants (les fameux Khuman Thong). Je sais maintenant que des bouteilles d’huile sacrée peuvent contenir de la graisse de nouveaux nés grillés. Je vois autrement les Thaïlandais en découvrant leur intérêt pour la magie noire, cette magie qui ne recule pas devant le crime.
La passion des Thaïlandais pour les amulettes ressemblait aux passions de tous les collectionneurs. Beaucoup d’amulettes sont cotées et les Thaïlandais ne me semblaient pas très différents des philatélistes Français. Aujourd’hui, les motivations des acheteurs d’amulettes me semblent bien viles.

Les vénérables Ajahn Chah et Buddhadasa Bhikkhu sont morts, avec leur disparition tout un pan moral du Théravada s’est volatilisé.
La communauté bouddhiste francophone demeure silencieuse face à la dégénérescence religieuse, elle a choisi d'ignorer les pratiques magiques des moines et la commercialisation de la sorcellerie du bouddha. Des sorciers, des marouts cadavériques, portent la robe des disciples du Bouddha et fabriquent des gris-gris. Leurs acolytes, yogis tantriques occidentaux, se chargent de la vente sur eBay.

Quant aux autres moines, ils ne sont guère inspirés par l’enseignement du Bouddha comme le révéla un événement politico-religieux :

En 2002, les moines Thaïlandais exigèrent la création d’un ministère du bouddhisme.
Venus des soixante-seize provinces de Thaïlande, des milliers de moines manifestèrent devant le siège du parlement à Bangkok pour réclamer la restructuration du département religieux qui est de la compétence du ministère de l’éducation.
Le gouvernement refusa de nommer un ministère ayant la charge exclusive des questions bouddhistes au motif que cela serait perçu comme une discrimination à l'égard des autres religions, notamment la minorité musulmane thaïlandaise. Phra Sri Pariyattimoli, abbé du Wat Mahatat de Bangkok et responsable du mouvement, voua les hommes politiques rétifs à des châtiments occultes. En Thaïlande, les moines jouent un rôle social et politique important, ils n'hésitent pas à menacer les politiciens peu coopératifs de redoutables maléfices.

Récemment, un religieux Thaïlandais a troqué ses figurines d’envoûtement contre une Kalachnikov pour se faire entendre d’un ministre probablement récalcitrant à la sorcellerie du bouddha.

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