Sunday, September 14, 2014

Les grandes imperfections du Dalaï-lama



Le Dalaï-lama est l'auteur du livre Dzogchen, l'essence du cœur de la Grande Perfection. Mais, comme la plupart des gourous et des hiérarques lamaïstes, les actes de Sa Sainteté ne montrent pas une véritable réalisation spirituelle. Au contraire, l'homme qui se dissimule derrière sa toge safran incarne toutes les imperfections du féodalisme théocratique de l'absolutisme au népotisme en passant par l'obscurantisme et l'hypocrisie... N'est-il pas temps de mettre fin à une tartuferie qui a assez duré ?

Les « élites » étasuniennes, apôtres du darwinisme social, du fordisme autoritaire, du fascisme invisible, ont fait la promotion du lamaïsme, trouvant en lui un système qui ne diffère guère de leurs conceptions de la domination des populations.

L'esclavagisme moderne, fondé sur l'addiction à la consommation, et l'asservissement orchestré par les lamas au nom du karma et de la promesse d'une meilleure réincarnation ont en commun la soif de pouvoir d'une caste de prédateurs.

L'esclavage dharmique

« Alexandra David-Néel était une grande voyageuse, amie et spécialiste incontestée du Tibet, rappelle Maxime Vinas. Elle avait été reçue à Dharamsala par le dalaï-lama et, après sa mort, il se rendit à deux reprises (octobre 1982 et mai 1986) dans sa maison natale à Digne, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il lui rendit publiquement hommage pour avoir fait connaître la culture tibétaine aux Occidentaux. Dans son livre Grand Tibet et vaste Chine, elle concède : « Une sorte d'esclavage assez bénin subsiste encore en maintes parties du Tibet. » Les dalaï-lamistes acharnés à nier cette réalité ergotent sur certaines libertés accordées aux pauvres et grâce auxquelles on ne saurait parler d'esclavage.

Or, on constate dans les lois du Tibet des dalaï-lamas des similitudes frappantes avec un texte français de 1685, L'Édit du roi touchant la police des îles de l'Amérique française, dit « Code noir », de Colbert, qui visait officiellement à assurer une protection légale des esclaves. Dans la France royaliste de jadis et dans le Tibet théocratique de naguère, les maîtres avaient le droit de punir leurs gens, de les obliger à pratiquer une religion, de sanctionner les fuyards et les voleurs, de les faire enchaîner, fouetter, emprisonner, amputer, de les mettre à mort, d'accorder ou pas l'autorisation de mariage. Quant à ceux qui auraient osé porter la main sur leur maître, une palette de punitions assez semblables existait en fonction de la gravité du geste et de l'importance de la personne touchée. Le goût de l'humour noir sera reconnu à ceux pour qui les lois quasi identiques définissaient l'esclavage chez nous et un banal « métayage » au Tibet.

Nous comptons donc dix-sept ans de formation au métier, plus de neuf ans de règne avant l'annonce chafouine de la volonté du dalaï-lama, dictée par sa bonté et son amour de la démocratie, d'en finir plus tard avec un héritage féodal qui fit la puissance et l'opulence de quatorze dalaï-lamas et des leurs.

Certes, nombre de Français trouveront à juste titre beaucoup à redire sur la conception chinoise de la démocratie et le système qui prévaut à ce jour à Lhassa. Mais ils objecteront plus encore à la découverte de ce que fut le gouvernement du dalaï-lama et de ce qu'est le programme du gouvernement tibétain en exil. »

L'obscurantisme lamaïste

« Quels enseignements étaient dispensés aux Tibétains, ou plus exactement aux cinq pour cent d'entre eux qui en bénéficiaient, s'interroge Maxime Vinas ?

D'abord, « cinq sujets mineurs » qui concernent « l'art dramatique, la danse et la musique, l'astrologie, la poésie, la composition littéraire ». Toutes ces matières ? Non, les élèves moines peuvent se contenter d'étudier « l'astrologie et la composition littéraire ».

Puis « cinq sujets majeurs » qui correspondent à un enseignement supérieur et qui sont : « l'art de guérir, l'étude du sanscrit, la dialectique, les arts et métiers, la métaphysique et la philosophie religieuse [...] dont le dernier — métaphysique et philosophie religieuse — est de loin le plus important [...] » et qui se subdivisent eux-mêmes en cinq parties : perfection de la sagesse, sentier du milieu, règles de la discipline monastique, métaphysique, logique et dialectique.

Bien formaté, l'érudit tibétain n'en sait guère plus que le serf analphabète sur ce qui, à travers le monde et au fil des siècles, a enrichi l'intelligence et la pensée, et amélioré la vie au quotidien. Physique, chimie, mécanique, architecture, économie, courants philosophiques ou artistiques et autres babioles impies sont bloqués aux portes du Tibet mystique par une politique délibérée dite « d'isolement ». Nul ne savait ou n'était censé savoir, ou en tout cas ne devait enseigner par exemple la géométrie ou l'algèbre, hérésies considérées comme utiles partout ailleurs depuis des siècles avant notre ère.

Bien entendu, l'histoire du monde et la géographie n'étaient pas davantage à l'honneur, disciplines inutiles pour perpétuer la théocratie, voire dangereuses. […]

Ignorance voulue, organisée, garante d'un immobilisme qui convient si bien à la caste dirigeante, ignorance sans laquelle le peuple tibétain, « fier, courageux et guerrier », selon la description qu'en fait le dalaï-lama lui-même, aurait probablement secoué le joug d'une oppression religieuse unique au monde à l'époque où ce dernier a accédé au pouvoir. Orphelin de cette révolte qui lui aurait permis de garder les moines, mais sans leur pouvoir temporel et sans l'aristocratie parasitaire, le peuple tibétain s'est vu, plus que d'autres, pris dans la nasse d'un enfermement multiple, privé qu'il était de connaissances, de modernité, de droits démocratiques, de justice non religieuse, d'autorisation de voyager et de recevoir des étrangers. »

L'art du bonheur de Sa Sainteté : heureux comme un pape et con comme un panier

Maxime Vinas poursuit sa critique du lamaïsme : « Dans Histoire d'un bon bramin, un conte qu'on dirait bien écrit pour le dalaï-lama, Voltaire met en scène la rencontre d'un voyageur avec un prêtre de la religion hindoue qui observait une vieille femme. Elle « croyait aux métamorphoses de Vitsnou de tout son cœur, et, pourvu qu'elle pût avoir quelquefois de l'eau du Gange pour se laver, elle se croyait la plus heureuse des femmes ». Le prêtre confie : « Je me suis dit cent fois que je serais heureux si j'étais aussi sot que ma voisine, et cependant je ne voudrais pas d'un tel bonheur. » L'auteur pose alors cet aphorisme célèbre : « Je n'aurais pas voulu être heureux à condition d'être imbécile » et il conclut : «Je ne trouvai personne qui voulût accepter le marché de devenir imbécile pour devenir content. »

Sera-t-il permis de préférer sur ce point la sagesse voltairienne de 1761 à celle du dalaï-lama, c'est-à-dire le Tibet d'aujourd'hui à celui d'hier ? »

Maxime Vinas, Dalaï-lama pas si Zen.