
"Je vous le dis : il n'y a pas de Bouddha, il n'y a pas de Loi ; pas de pratiques à cultiver, pas de fruits à éprouver. Que voulez-vous donc tant chercher auprès d'autrui ? Aveugles qui vous mettez une tête sur la tête ! Qu'est ce qui vous manque ?" Lin-ji.
Wednesday, March 10, 2010

Wednesday, February 03, 2010

Christian Pose :
"Comme le nombre de SDF, de chômeurs, de citoyens pauvres en quête de vie alternative ou de vie nouvelle, augmente et que le filon des sans ressource et des sans terre est plus que jamais le grand objet du capitalisme, je vous propose un document original envoyé il y a quelques mois par l'anthropologue-sociologue "rotarien", tibétologue et ex-professeur chercheur à l'ESSEC, Marc Bosche. Ce document était protégé par la confidentialité. J'ai décidé, compte tenu de l'urgence sociopolitique, de la lever sans le concours de son auteur pour lequel je n'ai aucune estime. Marc Bosche soutient dans plusieurs de ses ouvrages des lignées de lamas tibétains laïcs parfaitement intégrées aux cercles du pouvoir néolibéral-néocon (PNAC) et du renseignement international (MI6, CIA, DGSE, etc...) dans la lutte contre le communisme et l'islam, ce n'est plus un secret pour personne. Des lignées établies en Inde, au Japon, à Taiwan, à Singapour, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie, en France et que je combats depuis de nombreuses années.
Je dénonce "le caractère exploitif" de ces lignées politiques tantriques traditionalistes (Karmapa, Kagyupa, Nyingmapa, Gelugpa) et sous lignées (familles Mindrölling, Kientsé, Kangyur ou Wangyal), monarchonationalistes, militaristes, bourgeoises et xénophobes, habilement protégées par les parements universitaires de la façade républicaine pour faire avancer ce que le monde pauvre a de plus en plus de mal à repousser, le fascisme et les régimes de servitude obligatoire...
Dans ce document apparaîtra le mot "kandro", mot tibétain désignant la femme lama. Il sera fait allusion, ici, à l'une de ces femmes, que je connaîtrai personnellement, habile maquilleuse d'intention spirituelle, exécrablement politique : Kandro Rimpoche, héritière des clans Mindrölling et Karmapa-kagyu, diva fasciste rotarienne de la diaspora tantrique. Bosche, dans son who's who, parlera également avec émotion et crédulité de feu Gendune Rimpoche, ex-directeur kagyupa du Bost, centre de formation auvergnat des euro-lamas, et que je rencontrerai alors que je me destinais à une vie de lama bouddhiste. J'abandonnerai cette voie. Gendune, intouchable monarque, se caractérisait par son élitisme politique et son sens très particulier de l'autocratie et du dirigisme qui sont les traits dominants du "maître spirituel" tibétain... Je l'apprendrai en Inde et en France avec quelques camarades pauvres, sans-abris, à mes dépends."
Marc Bosche :
"Vous m'avez fait sourire et réfléchir tout à la fois avec votre long message. Je crois comprendre à vous lire que vous n'aimez pas la posture élitiste bourgeoise et l'exploitation des autres qu'elle suppose selon vos idées. Je pense que vous avez sans doute raison sur bien des points. Je partage aussi votre sentiment sur la société de caste que le tantrisme bouddhique a maintenu.
Mais ma capacité d'indignation est plus limitée que la vôtre, c'est sans doute ma faiblesse ! Oui, la rencontre de Kandro était quand même une bonne rencontre, même si sa soeur et elle me faisaient sourire avec leur costume de nonne (tenue spéciale pour les sorties) modernisé par un designer italien connu. Kandro avait voulu moderniser l'habit en troquant le châle pour une veste rouge vif très pratique en première classe du train ! Très chic, et aussi seyant et joli, c'est vrai que de voir les deux soeurs avec leur veste rouge m'a fait sourire. A la réflexion on aurait presque dit deux jolies hôtesses Servair. Je pense que cet exemple de plus provoquera votre juste indignation. Comment vous dire, il me faut aussi sourire de tout cela, sinon ce serait très dur de lire précisément les rapports d'exploitation en permanence entre les classes, ou ici entre les castes.
Oui, c'était en effet lama Guendune qui m'a accueilli dans son monastère.
Et, oui, vous avez à nouveau raison lorsque vous pensez que je me suis laissé en quelque sorte séduire par cette complicité exploitive de caste entre universitaire et lama. Franchement j'aimerais vous donner raison sur toute la ligne, mais en réalité j'ai surtout beaucoup aimé la personne qu'il était. Je pense que ma vie aurait été moins remplie, sans cette rencontre, même si j'ai après bien souffert du système lamaïste construit autour de lui.
Comment dire, cher Monsieur, ma faculté d'indignation est bien émoussée comparativement à la vôtre, cela je le vois bien ce soir en vous écrivant ce message. La vôtre est intacte. Je vous en félicite. Mais il me faut vivre, être heureux quand même, même si tout n'est pas parfait entre chinois et tibétains, lamas et serfs, universitaires et masses populaires... Même s'il me faut accepter ma collusion collaborative de classe avec le vieux lama Guendun ! C'est important quand même de pouvoir regarder vers le passé, quelques années en arrière, et de voir des personnes qu'on a aimées, voire estimées, ou même révérées comme lama Guendune. Cela m'a aidé, et j'en connais d'autres aussi que cela a aidé. Ceci étant dit, je souscris pleinement à vos observations judicieuses sur le système lamaïste ou même bouddhiste en filigrane de leur présence en Occident. Mais je fais le distingo entre l'homme et la fonction, et je pense que vous ne serez pas d'accord non plus avec moi là dessus. J'ai aimé l'homme Guendune, même si le système qu'il a laissé ressemble aujourd'hui beaucoup à une organisation exploitive, pour dire les choses simplement.
"C. P0se a fait la démarche de vivre en moine errant pendant trois ans en Inde, et de découvrir de l'intérieur le traitement réservé, selon lui, aux humbles et aux pauvres par la diaspora lamaïste en exil.
Il semble avoir développé une vraie colère vis-à-vis du monde des rinpochés et voue aux gémonies les principales lignées sacerdotales d'origine tibétaine, en particulier la lignée Mindrollin (Mindroling ou Mindrölling) dans la proximité de laquelle il a vécu son ordination de moine. L'héritière spirituelle de cette lignée, Kandro Rinpoché (Khandro Rinpoché), qui est plutôt connue par ailleurs pour ses positions modérées, et en faveur des femmes, est ainsi la victime de cet auteur, qui la traite sans ménagement, en des termes à la fois excessifs et sans grande courtoisie sur la page Web "linked222" : "l'une de ces femmes, que je connaitrai personnellement, habile maquilleuse d'intention spirituelle, exécrablement politique : Kandro Rimpoche, héritière des clans Mindrölling et Karmapa-kagyu, diva fasciste rotarienne de la diaspora tantrique" (C. P0se). Même au nom d'une critique sociale, même au nom d'une expression libre, personne de sensé ne peut approuver, ni valider les termes inappropriés et regrettables qu'utilise leur auteur.
La colère est piètre conseillère car, si elle tend à donner une certaine acuité à la critique proposée par son auteur, elle accentue aussi ses aspects caricaturaux. Kandro Rinpoché, si elle s'expose à une critique sociale, de par sa place en vue dans l'establishment du bouddhisme himalayen, n'est pas pour autant une "diva fasciste rotarienne de la diaspora tantrique" comme l'affirme de manière péremptoire C. P0se. Cette formule n'a d'ailleurs pas beaucoup de sens, puiqu'elle ne s'applique pas à Kandro Rinpoché si on prend chacun de ces trois premiers mots au pied de la lettre. Rappelons pour mémoire que l'adhésion comme membre du Rotary Club était interdite aux femmes jusqu'en 1989 et que C. Pose n'a donc pas pu connaître une Khandro rinpoché rotarienne auparavant. Le mot "fasciste" devrait quant à lui être réservé à des usages d'une réelle évidence sociopolitique, car il perd tout son sens avec cet usage galvaudé."
C. P0se utilise volontiers la phraséologie de la "lutte des classes". Les termes de "réaction" et de "fascisme" apparaissent aisément et sans absolue nécessité sous sa plume un peu comme autant de "mantras", et sonnent donc bien souvent comme des incantations. Ses écrits situent le système sacerdotal d'origine tibétaine dans le camp des ennemis et des "réactionnaires", ils condamnent sans appel ceux qui s'y intéressent de près ou de loin ou qui ont écrivent que les choses ne sont pas clairement tranchées et dichotomiques, sinon manichéennes.
Son témoignage est utile aussi par ses ombres, par ses pleins moins que par ses déliés, pour comprendre la détresse qu'à pu engendrer un jour la confrontation d'un Européen avec les privilèges du système lamaïste. Il est intéressant à cet égard."
"Khandro Rinpoché n'est pas le lama que j'aurais quant à moi tendance à "épingler" en priorité, dans la mesure où elle représente avec dignité le monde traditionnel du tantrisme bouddhique, dont elle s'est faite une interprète moderne. Ayant reçu tout à la fois une éducation de type occidental dans un collège catholique de sœurs en Inde et une éducation au bouddhisme tibétain donnée à la maison par son père Mindrolling rinpoché, elle dispose d'intéressants points de repères multiculturels. Il y a bien des lamas ou de nombreux aspects du système lamaïste qui seraient plus critiquables qu'elle à cet égard. Pour que les lecteurs comprennent bien que Kandro rinpoché n'est pas "une diva", dans le sens où on entend quelque personnage vaniteux, égocentré ou capricieux, il faut signaler qu'elle a été élevée dans le respect de strictes valeurs. Il y avait la vie en exil en Inde et ses conditions sociales, et un père qui veillait pendant son enfance à appliquer une sévérité certaine. Ainsi elle raconte qu'un jour (à l'âge des jeux d'enfants) après avoir aspergé la salle du temple des Mindrolling avec des bombes à eau, elle fut suspendue par les pieds à la fenêtre, la tête en bas dans le vide. Bien entendu nous ne trouvons pas que cette punition soit proportionnée ni acceptable, mais elle signale à tout le moins que ce n'était pas une enfant gâtée, qu'elle a même eu une éducation stricte, et qu'elle n'était pas encouragée à se prendre pour une "diva"".
Réaction de Christian Pose :
"Colère ? Non. Un sentiment de paix qui va à l'encontre de celui des clans bouddhistes tibétains Mindrolling, Karmapa-Kagyu, Nyngmapa, Gelugpa d'Inde et d'Europe et de qui les sert. Mon sentiment de paix n'est cependant pas partisan. Il est le fruit d'une lente approche. Cette lenteur ne relève pas d'un goût quelconque pour la lenteur. Elle résulte de ma condition sociale de démuni et de sans ressource. Cette lenteur s'est accrue tout au long de mon expérience et relève de la distanciation théâtrale maintenue par les Rimpoché, de leur goût pour les richesses, les dons, les offrandes, les réseaux d'influence, de leur goût pour la maîtrise sociale, commerciale, religieuse et politique, autre support de distanciation, autre facteur de lenteur.
A ceci s'ajoute un détail d'importance. Le consensus tibétain sur la laïcité et la définition de la laïcité.
Comme beaucoup de mes confrères et consœurs pauvres nous avons été soulevés par l'idéal du renoncement intégral que nous devions en grande partie aux traductions, sans doute peu fiables. Les conditions des bonnes traductions ne sont probablement toujours pas réunies. La tradition tibétaine ne dit-elle pas que seul un bouddha pleinement accompli peut traduire des œuvres tantriques ? Les traducteurs parisiens n'étaient pas à cette époque des bouddhas pleinement illuminés. Ils n'étaient, je crois, que des universitaires, des agrégés ou des normaliens, des profs ou des chercheurs, souvent riches et célèbres. N'est pas bouddha qui veut. Seriez-vous, Mr. Bosche, un bouddha caché ?...
Nous quittions, donc, un monde lourd en terme de contraintes institutionnelles, d'obligations, d'habitudes, de craintes, de dépendances, économiques, sociales, politiques, culturelles, familiales, sanitaires; des contraintes avec lesquelles nous souhaitions rompre. Nous mettrons du temps à découvrir la prison du nouveau monde. Et quelle prison !!.. Nous mettrons du temps à admettre que nous avions troqué à notre insu une laïcité pour une autre plus discriminante, plus autoritaire, plus égoïste, plus cruelle, plus violente, plus avide. Plus avide en terme de représentation (Gelugpa, Karmapa-Kagyu, Nyingmapa). Pourquoi tant de dissimulation au Tibet et en exil, de violence psychologique sinon physique, d'exclusion ?... Nous faisions la tragique expérience des monastères laïcs tibétains et des élites politico-religieuses de la révolution nationale armée tibétaine (ne nous y trompons pas, cet espace pour un homme libre ou de gauche, a fortiori occidental, est celui du nationalisme, du monarchisme totalitaire et du militarisme). Il s'agira bien, en fait, de contribuer à notre insu à la persistance d'un coup d'Etat politico-religieux pour la domination institutionnelle politique, religieuse, financière et commerciale, de quelques familles qui s'approprieront le Tibet - bien avant l'ère Mao tsé toung - par la conspiration, la violence, le crime et, plus tard, par la répression policière des idées républicaines puis communistes nourries ou inspirées par de nombreux lamas laïcs tibétains et républicains chinois - sans doute, pour quelques uns, pas moins bouddhistes; une répression policière, puis militaire nationale alimentée par un violent esprit de résistance et de combat, une responsabilité politique que le génocide dissimulera parfaitement tout en nourrissant une "légitimité révolutionnaire nationale" trompeuse au Tibet et en exil, Asie ou occident. Ici, il n'est plus question de vie religieuse pieuse, de détachement politique, de pauvreté évangélique ou de bouddhisme pacifique. Je ne découvrirai, personnellement, les contours de cette dissimulation que bien plus tard, en Inde, puis de nouveau une fois réduit à la clochardisation, en France, dans les rues de France; la mendicité, encore, mais pas la bonne, socialement discriminé et mentalement aliéné comme beaucoup de mes frères et sœurs. Certains finiront leur temps dans les HP et dans les bordels pour filles ou pour garçons. J'ai eu plus de chance, semble-t-il.
Je ne crois pas que Kandro Rimpoché que j'ai rencontré bien après 1989 soit politiquement une "modérée". Elle l'est a priori, "en danseuse" dans ses salons parisiens et français (grande yogini de salon en fait), anglais, canadiens, taiwanais, singapouriens, australiens, américains. En Inde, au quotidien, elle s'affiche avec ostentation aux côtés du pouvoir bancaire, commercial, politique, militaire ou policier.
Son monastère laïc familial de Clement Town, Dehra Dun, Uttar-Pradesh, doté de nombreux bâtiments, est situé au cœur d'une place forte d'artillerie et jouxte à une rue près celui du XIVème Dalaï-lama - la forêt mitoyenne de ce temple était hantée, la nuit, par les exclus de la diaspora et du système sociopolitique religieux : toxicos, alcooliques - les jeunes tulkus ou réincarnés imparfaits déclassés ne seront pas épargnés - et prostitués hommes; sa propriété de Jaripani est par contre celle d'une bourgeoise fortunée. Elle est située à 1600 mètres d'alt. aux pieds de Mussoorie "Queen of the Hills", station touristique des contreforts himalayens (2000 mètres d'alt. Uttar Anchal) hier (1959), lieu de résidence du XIVème Dalaï-lama et du gouvernement tibétain en exil. Mussoorie, mitoyenne de Landour (les deux communes reçoivent depuis des lustres la gentry anglo-indienne du Nord, l'Eglise catholique - John Birch, agent de renseignement US "martyr du communisme chinois", missionnaire baptiste d'extrême-droite et fondateur de la John Birch Society naîtra à Landour -, les hauts-fonctionnaires des armées et les célèbrités de Bollywood), abrite aujourd'hui outre une forte communauté tibétaine qui vit dans des conditions plutôt modestes et pauvres, l'E.N.A. indienne (Lal Bahadur Shastri National Academy of Administration).
L'hôtel de Jaripani de K.R. dont les appartements sont pavés de marbre trône sur le township indien où j'ai vécu et Oak Grove School, immense collège du secondaire des Chemins de Fer du Nord qui m'ouvrira ses portes un temps sous l'autorité bienveillante et généreuse de Mr. Pant (Headmaster) et de sa famille hindouiste pratiquante - qui comptera un saint et une lignée de sanskristes pauvres dans son histoire. Les Pant me reçevront dans leur appartement de fonction dépouillé et humble, pavé et habillé de ciment à l'indienne pour me reposer (sur un simple lit de planches, les Pant sanskristes réputés dans toute l'Inde disposeront d'un confort identique sous les bénédictions de Saïd Baba) et me remettre des mauvais traitements infligés par le clan Mindrolling et ses amis qui conspuaient par ailleurs l'hindouisme en rejetant ses pratiquants et ses saints dans les enfers du vajrayana.
Pas un seul paria de mes amis de Jaripani, de Mussoorie ou des faubourgs de Clement Town n'ignorait le niveau de corruption de la famille de "sleeping lama", le patriarche du clan Mindrolling... Mon ami brahmane Vickas Pant d'Oak Grove School, fils ainé des Pant et brillant économiste progressiste, avec qui j'échangerai tant de propos sur l'avenir et à qui je présenterai Noam Chomsky sur la base des "Lectures de Managua" et Cornel West "marxiste chrétien" sur celle de "La pensée prophétique" témoignerait sans doute en ma faveur s'il avait "à parler" de "madame" comme il disait en cherchant les mots qu'il ne trouvait jamais pour qualifier "le gouffre de sans-gêne de la tibétaine"... et qui étaient sans doute : "opportunisme monstre". Mes amis parias de Jaripani et les ouvriers intouchables hindouistes et musulmans de Oak Grove School avec qui Vickas Pant et moi-même partagions les rires et les repas, les prières, les souffrances, la vie, la maladie, la mort, disaient gravement "madame" et ne trouvaient pas non plus les mots qui convenaient pour qualifier son sans-gêne. Kandro Rimpoché disposait (et dispose toujours globalisation oblige) d'un patrimoine immobilier et mobilier très important.
Kandro Rimpoché, en Inde, voyage beaucoup, s'affiche beaucoup, parle beaucoup et prend le temps y compris avec les rotariens et les lion's libéraux, riches et politiquement influents, vérifiez donc. L'Inde du nord est à vous... Elle prend les intérêts de ses businesslamas autant que ceux du "pauvre XIVème" (que le peuple des townships appelle "talon d'or escamotable" ou celui qui passe de l'or aux frontières dans ses talons) très au sérieux. Kandro Rimpoché est violente avec "ses filles" (entendez ses nonnes) ou avec "ceux là", les indiens; violente comme sa famille l'est avec les tulkus de seconde classe "bons à jeter aux ordures, bons à la reproduction ou au commerce"... représentation, perfection, élitisme, honneur et gloire. Elle n'a pas non plus de doute quand il s'agit d'incendier, d'insulter comme une poissonnière ou de menacer de mort (tout comme ses lamas en France) quiconque se dresse sur son chemin. Kandro Rimpoché est réellement une femme lama réactionnaire, j'insiste, opposée à toute forme de changement quant au sens à accorder à l'autoritarisme politique, commercial ou religieux. Sans autoritarisme, du reste, point de tradition, en dehors du rite, la sanction...
Je crois, Mr Bosche, que vous avez eu droit à un traitement de faveur type, celui réservé aux élites républicaines françaises triées sur le volet, dans l'intérêt, bien entendu, de la famille Mindrolling, des Karmapa-kagyu ou de feu Gendun Rimpoche en France. Il est vrai que dans ce monde chacun apprend à vivre d'autrui. Certains font la manche sans vertu dans les rues indiennes été comme hiver, d'autres changent leurs dollars en robe de moine ou de nonne dans ces mêmes rues, vertueusement donc, en évitant les banques et les lois, dealent avec élégance : l'or, l'argent, les pierres précieuses, les montres, les bagues, les objets de culte dans le dos des douanes, parfois jurent et mentent, mais "chut!", immoralité professionnelle oblige, nous avons affaire à d'authentiques bouddhas tibétains, au joug d'or, golden yoke...
Par "fascisme" "j'entends ce que les juristes T. Fukase et Y. Higuchi nomment au Japon "fascisme du Tennô" (de l'empereur), un fascisme se caractérisant au Tibet par la volonté des rimpoché (lama, moine ou laïc de haut rang) d'imposer un service total pour le lama ("kokutaï" au Japon, service total pour le Tennô).
Le fascisme mondain tibétain (fascisme des communautés) organisé autour de la volonté du lama/idôles/déités et de sa généalogie (ancêtres, maîtres, familles, propriétés) implique un système qui organise la communauté des fidèles uniformément jusqu'au niveau de la vie quotidienne, éliminant graduellement toutes résistances et mobilisant la/les communauté(s), la région, la nation (?) à la guise du pouvoir religieux pour des raisons purement religieuses, politiques, économiques, parfois guerrières.
Les groupes institutionnels bouddhiques tibétains Gelugpa, Nyingmapa, Sakyapa, Karmapa, Kagyupa, agissant chacun comme un parti unique étatique; chaque formation se rassemblant pour soutenir la politique d'un Dalaï Lama, d'un Karmapa, d'un Panchen Lama, d'un chef religieux, familial, unique....
T.Fukase, Y.Higuchi diront (dans le contexte voisin japonais) "pour servir le Tennô, le souverain, la divinité vivante ou le dieu vivant..". (extrait de "Qui suis-je ?")"
Ici, qu'entendre par "divinité vivante" ou "dieu vivant"... C'est une question importante. Nous pouvons l'appréhender de plusieurs façons. Au regard de l'expérience et des croyances les "dieux vivants" tibétains, indiens, chinois ou japonais sont identiques. Ils se font appelés parfois kamis, esprits protecteurs, boddhisattvas ou bouddhas, divinités. Ils sont prêtres (shinto), lama ("dalaï" ne change rien) ou bonzes ("daï" ou" hosso" ne change rien), moines ou "parmi les laïcs" sans voeux monastiques. Il n'y a aucune différence en terme d'accomplissement ou de pouvoirs. Les différences sont culturelles ou linguistiques. Chacun est persuadé, dans sa sphère culturelle, de posséder une influence absolue ou planétaire que l'autre n'a pas. Les croyants adhèrent à ces hypothèses sur la base d'obligations dogmatiques ou d'expériences. Dans un contexte théocratique où la loi religieuse est celle de l'Etat "chacun" ou "chaque divinité" sera doté d'une personnalité juridique. Cette personnalité juridique, sera forte ou non, selon que la "divinité" est riche ou non (qu'elle perçoive ou non des richesses, des offrandes, des dons), qu'elle est servie, adorée ou non (le consensus ou le caractère d'obligation de la vénération, avec souvent superstition, n'est pas le même qu'il s'agisse d'une croyance à deux sans moyens ou d'une croyance liant entre eux, par les rites, les richesses et le personnel religieux, les habitants d'un village, d'une région ou d'une nation autour d'une même idole), régulièrement ou non (avec ou sans calendrier, avec ou sans temple), selon son lien au pouvoir territorial et religieux national, politique, économique ou même militaire. Juridiquement, les sujets et les dévots sont "tantôt serviteurs, tantôts propriétés des divinités ou des idoles (statues, temples ou personnes)" (Annoussamy). La conception du Dieu unique chrétien, comme de Jésus, est différente à mon sens. L'équivalent de "dieu vivant", du bonze, du prêtre shinto, du lama ou de l'idole tantrique institutionnalisés est sans doute le prêtre officiant, le moine, l'abbé ou le pape. Au regard de "la personnalité juridique de l'idole" et de l'emprise de cette dernière sur les sujets ou les dévots, je dirai que le stricte équivalent est "l'église et son pouvoir spirituel" ou "les églises" (avant les enthousiasmantes réformes contemporaines portées avec courage et détermination par les théologiens libres acostiens, décroissants illichiens, marxochrétiens boffiens ou sobriniens), ou encore les monastères. Les sujets et les dévots de l'église d'ancien régime n'ont pas davantage de liberté et sont bien tantôt serviteurs, c'est indéniable, tantôt propriétés des églises, les exemples dans le monde ne manquent pas. Dieu, par contre, toujours dans on acceptation chrétienne, est très différent et relève selon moi d'une autre démarche. En effet, l'église est crainte et de toute évidence, comme le monastère, dominatrice, autoritaire, intransigeante, voire violente, politique, et assujettissante. Elle excommunie les hérétiques et condamne toujours les réformateurs, juge sévèrement les "désobéissants", brûle leur réputation quand elle ne tue pas ou quand elle ne commande pas le crime. Au fond qui a tué Roméro et soeur Alice ?... Tant de sœurs et frères, nonnes, moines et prêtres, tant d'évêques... Or Dieu n'est pas à craindre car "l'objet spirituel Dieu" (relatif et absolu) consiste en un acte d'amour suprême sur la base non moins suprême de la délinquance spirituelle, de la désobéissance spirituelle, de l'arrogance spirituelle, du dédain spirituel vis à vis des "choses de ce monde", du pouvoir, par exemple, religieux, politique et territorial, de la propriété privée, de l'ordre, de l'or, de l'avidité bancaire, de la crainte du chaos, du désordre, de l'entropie. Les églises redoutent le passage de la stabilité à l'instabilité ? Pas Dieu... "Dieu est tout et un". Dieu ne craint pas. Il inspirerait même les hommes à l'imiter, à ne plus craindre le "père créateur" ce que redoutent, et l'on comprendra pourquoi, les "instances religieuses" du monde.
Le fils peut-il alors battre le père ? D'une certaine façon, oui, mais pas n'importe comment. Antoine le Grand (l'égyptien) nous a montré le chemin de cette liberté en Dieu ou "je ne crains plus Dieu". En ce sens Dieu est vivant, seulement en ce sens... par le désert, la pauvreté, la miséricorde. Je crois ceci... "
Tuesday, January 05, 2010
Lors de mon passage au Wat Pah Pong près de Ubon Ratcha Thani (Thaïlande), des disciples occidentaux d’Ajahn Chah, ordonnés et tondus selon le code monastique théravadin, s’étaient fait tatouer des signes magiques sur la peau comme les répugnants moines sorciers qui font griller des bébés morts. Ils n’avaient rien compris de l’expérience libératrice du Bouddha.
Pour en savoir plus sur les tatouages magiques :
http://www.magiedubouddha.com/p_thai-payant.php
Un moine bouddhiste récupère la graisse du corps d’un enfant (la télévision thaïlandaise a flouté l’image du bébé) :
http://www.youtube.com/watch?v=dh-h7lx_j7E&feature=player_embedded
Des moines thaïlandais ne sont pas seulement superstitieux, ils sont aussi misogynes et avides :
Les moines de la forêt de Wat Nong Pah Pong veulent que le Conseil des Aînés et le Bureau du Bouddhisme National imposent des contrôles plus stricts sur les moines occidentaux, pour qu’ils arrêtent l’ordination des femmes. Ils veulent aussi que les temples thaï d'Occident deviennent la propriété de la Sangha Thaï pour en assurer le contrôle total.
Saturday, September 19, 2009
Le livre de René Guénon, « Les états multiples de l’être », nous aide à prendre conscience de notre nature réelle. Ce petit texte de 140 pages est très éloigné des croyances religieuses et des spéculations philosophiques, il s’agit d’une approche métaphysique de l’être. La métaphysique permet de s’affranchir des mensonges qui conditionnent l’humanité depuis des siècles. L’expérimentation des principes traités par René Guénon demande toutefois une faculté de l’esprit : l’intuition. Cette faculté permet de transformer un exposé métaphysique traditionnel en prise de conscience d’une réalité de plus en plus occultée par le spiritualisme et le scientisme modernes.
Extrait :
CONSIDÉRATIONS ANALOGIQUES TIRÉES DE L'ÉTUDE DE L'ÉTAT DE RÊVE
« Nous quitterons maintenant le point de vue purement métaphysique auquel nous nous sommes placé, dans le chapitre précédent, pour envisager la question des rapports de l'unité et de la multiplicité, car nous pourrons peut-être mieux encore faire comprendre la nature de ces rapports par quelques considérations analogiques, données ici à titre d'exemple, ou plutôt d'« illustration », si l'on peut ainsi parler, et qui montreront dans quel sens et dans quelle mesure on peut dire que l'existence de la multiplicité est illusoire au regard de l'unité, tout en ayant, bien entendu, autant de réalité qu'en comporte sa nature. Nous emprunterons ces considérations, d'un caractère plus particulier, à l'étude de l'état de rêve, qui est une des modalités de manifestation de l'être humain, correspondant à la partie subtile (c'est-à-dire non-corporelle) de son individualité, et dans lequel cet être produit un monde qui procède tout entier de lui-même, et dont les objets consistent exclusivement dans des conceptions mentales (par opposition aux perceptions sensorielles de l'état de veille), c'est-à-dire dans des combinaisons d'idées revêtues de formes subtiles, ces formes dépendant d'ailleurs substantiellement de la forme subtile de l'individu lui-même, dont les objets idéaux du rêve ne sont en somme qu'autant de modifications accidentelles et secondaires .
L'homme, dans l'état de rêve, se situe donc dans un monde qui est tout entier imaginé par lui, dont tous les éléments sont par conséquent tirés de lui-même, de sa propre individualité plus ou moins étendue (dans ses modalités extracorporelles), comme autant de « formes illusoires » (mâyâvirâpa) , et cela alors même qu'il n'en possède pas actuellement la conscience claire et distincte. Quel que soit le point de départ intérieur ou extérieur, pouvant être fort différent suivant les cas, qui donne au rêve une certaine direction, les événements qui s'y déroulent ne peuvent résulter que d'une combinaison d'éléments contenus, au moins potentiellement et comme susceptibles d'un certain genre de réalisation, dans la compréhension intégrale de l'individu ; et, si ces éléments, qui sont des modifications de l'individu, sont en multitude indéfinie, la variété de telles combinaisons possibles est également indéfinie. Le rêve, en effet, doit être regardé comme un mode de réalisation pour des possibilités qui, tout en appartenant au domaine de l'individualité humaine, ne sont pas susceptibles, pour une raison ou pour une autre, de se réaliser en mode corporel ; telles sont, par exemple, les formes d'êtres appartenant au même monde, mais autres que l'homme, formes que celui-ci possède virtuellement en lui-même en raison de la position centrale qu'il occupe dans ce monde . Ces formes ne peuvent évidemment être réalisées par l'être humain que dans l'état subtil, et le rêve est le moyen le plus ordinaire, on pourrait dire le plus normal, de tous ceux par lesquels il lui est possible de s'identifier à d'autres êtres, sans cesser aucunement pour cela d'être lui-même, ainsi que l'indique ce texte taoïste : « Jadis, raconte Tchoang-tseu, une nuit, je fus un papillon, voltigeant content de son sort ; puis je m'éveillai, étant Tchoang-tcheou. Qui suis-je, en réalité ? Un papillon qui rêve qu'il est Tchoang-tcheou, ou Tchoang-tcheou qui s'imagine qu'il fut papillon ? Dans mon cas, y a-t-il deux individus réels ? Y a-t-il eu transformation réelle d'un individu en un autre ? Ni l'un ni l'autre ; il y a eu deux modifications irréelles de l'être unique, de la norme universelle, dans laquelle tous les êtres dans tous leurs états sont un ».
Si l'individu qui rêve prend en même temps, dans le cours de ce rêve, une part active aux événements qui s'y déroulent par l'effet de sa faculté imaginative, c'est-à-dire s'il y joue un rôle déterminé dans la modalité extra-corporelle de son être qui correspond actuellement à l'état de sa conscience clairement manifestée, ou à ce qu'on pourrait appeler la zone centrale de cette conscience, il n'en faut pas moins admettre que, simultanément, tous les autres rôles y sont également « agis » par lui, soit dans d'autres modalités, soit tout au moins dans différentes modifications secondaires de la même modalité, appartenant aussi à sa conscience individuelle, sinon dans son état actuel, restreint, de manifestation en tant que conscience, du moins dans l'une quelconque de ses possibilités de manifestation, lesquelles, dans leur ensemble, embrassent un champ indéfiniment plus étendu. Tous ces rôles apparaissent naturellement comme secondaires par rapport à celui qui est le principal pour l'individu, c'est-à-dire à celui où sa conscience actuelle est directement intéressée, et, puisque tous les éléments du rêve n'existent que par lui, on peut dire qu'ils ne sont réels qu'autant qu'ils participent à sa propre existence c'est-lui-même qui les réalise comme autant de modifications de lui-même, et sans cesser pour cela d'être lui-même indépendamment de ces modifications qui n'affectent en rien ce qui constitue l'essence propre de son individualité. De plus, si l'individu est conscient qu'il rêve, c'est-à-dire que tous les événements qui se déroulent dans cet état n'ont véritablement que la réalité qu'il leur donne lui-même, il n'en sera aucunement affecté alors même qu'il y sera acteur en même temps que spectateur, et précisément parce qu'il ne cessera pas d'être spectateur pour devenir acteur, la conception et la réalisation n'étant plus séparées pour sa conscience individuelle parvenue à un degré de développement suffisant pour embrasser synthétiquement toutes les modifications actuelles de l'individualité. S'il en est autrement, les mêmes modifications peuvent encore se réaliser, mais, la conscience ne reliant plus directement cette réalisation à la conception dont elle est un effet, l'individu est porté à attribuer aux événements une réalité extérieure à lui-même, et, dans la mesure où il la leur attribue effectivement, il est soumis à une illusion dont la cause est en lui, illusion qui consiste à séparer la multiplicité de ces événements de ce qui en est le principe immédiat, c'est-à-dire de sa propre unité individuelle .
C'est là un exemple très net d'une multiplicité existant dans une unité sans que celle-ci en soit affectée ; encore que l'unité dont il s'agit ne soit qu'une unité toute relative, celle d'un individu, elle n'en joue pas moins, par rapport à cette multiplicité, un rôle analogue à celui de l'unité véritable et primordiale par rapport à la manifestation universelle. »
« Les états multiples de l’être », éditions Guy Trédaniel http://www.editions-tredaniel.com/
Photo : René Guénon en Egypte avec son épouse et son enfant.
Thursday, July 09, 2009

La « contre-initiation »
Les textes de René Guénon sont incontournables pour nous aider à mieux comprendre le rôle de la « contre-initiation » :
C’est évidemment la « contre-initiation » « qui, écrit Guénon, après avoir travaillé constamment dans l’ombre pour inspirer et diriger invisiblement tous les « mouvements » modernes, en arrivera en dernier lieu à « extérioriser », si l’on peut s’exprimer ainsi, quelque chose qui sera comme la contrepartie d’une véritable tradition, du moins aussi complètement et aussi exactement que le permettent les limites qui s’imposent nécessairement à toute contrefaçon possible. Comme l'initiation est, ainsi que nous l’avons dit, ce qui représente effectivement l’esprit d’une tradition, la « contre-initiation » jouera elle-même un rôle semblable à l’égard de la « contre-tradition » ; mais, bien entendu, il serait tout à fait impropre et erroné de parler ici d’esprit, puisqu’il s’agit précisément de ce dont l’esprit est le plus totalement absent, de ce qui en serait même l’opposé si l’esprit n’était essentiellement au-delà de toute opposition, et qui, en tout cas, a bien la prétention de s’y opposer, tout en l’imitant à la façon d’une ombre inversée dont nous avons parlé déjà à diverses reprises ; c’est pourquoi, si loin que soit poussée cette imitation, la « contre initiation » ne pourra jamais être autre chose qu’une parodie, et elle sera seulement la plus extrême et la plus immense de toutes les parodies, dont nous n’avons encore vu jusqu’ici, avec toute la falsification du monde moderne, que les « essais » bien partiels et des « préfigurations » bien pâles en comparaisons de ce qui se prépare pour un avenir que certains estiment prochain (1), en quoi la rapidité croissante des événements actuels tendrait assez à leur donner raison. Il va de soi, d’ailleurs, que nous n’avons nullement l’intention de chercher à fixer ici des dates plus ou moins précises, à la façon des amateurs de prétendues prophéties » ; même si la chose était rendue possible par une connaissance de la durée exacte des périodes cycliques (bien que la principale difficulté réside toujours, en pareil cas, dans la détermination du point de départ réel qu’il faut prendre pour en effectuer le calcul), il n’en conviendrait pas moins de garder la plus grande réserve à cet égard, et cela pour des raisons précisément contraires à celles qui meuvent les propagateurs conscients ou inconscients de prédictions dénaturées, c’est-à-dire pour ne pas risquer de contribuer à augmenter encore l’inquiétude et le désordre qui règnent présentement dans notre monde.
Quoi qu’il en soit, ce qui permet que les choses puissent aller jusqu’à un tel point, c’est que la « contre-initiation », il faut bien le dire, ne peut pas être assimilée à une invention purement humaine, qui ne se distinguerait en rien, par sa nature, de la « pseudo-initiation » pure et simple ; à la vérité, elle est bien plus que cela, et, pour l’être effectivement, il faut nécessairement que, d’une certaine façon, et quant à son origine même, elle procède de la source unique à laquelle se rattache toute initiation, et aussi, plus généralement, tout ce qui manifeste dans notre monde un élément « non-humain » ; mais elle en procède par une dégénérescence allant jusqu’à son degré le plus extrême, c’est-à-dire jusqu’à ce « renversement » qui constitue le « satanisme » proprement dit. Une telle dégénérescence est évidemment beaucoup plus profonde que celle d’une tradition simplement déviée dans une certaine mesure, ou même tronquée et réduite à sa partie inférieure ; il y a même là quelque chose de plus que dans le cas de ces traditions véritablement mortes et entièrement abandonnées par l’esprit, dont la « contre-initiation » elle même peut utiliser les « résidus » à ses fins ainsi que nous l’avons expliqué. Cela conduit logiquement à penser que cette dégénérescence doit remonter beaucoup plus loin dans le passé ; et si obscure que soit cette question des origines, on peut admettre comme vraisemblable qu’elle se rattache à la perversion de quelqu’une des anciennes civilisations ayant appartenu à l’un ou l’autre des continents disparus dans les cataclysmes qui se sont produits au cours du présent Manvantara (2). En tout cas, il est à peine besoin de dire que, dès que l’esprit s’est retiré, on ne peut plus aucunement parler d’initiation ; en fait, les représentants de la « contre-initiation » sont, aussi totalement et plus irrémédiablement que de simple profanes, ignorants de l’essentiel, c’est-à-dire de toute vérité d’ordre spirituel et métaphysique, qui, jusque dans ses principes les plus élémentaires, leur est devenue absolument étrangère depuis que le « ciel a été fermé » pour eux (3). Ne pouvant conduire les êtres aux états « supra-humains » comme l’initiation, ni d’ailleurs se limiter au seul domaine humain, la « contre-initiation » les mène inévitablement vers l’« infra-humain », et c’est justement en cela que réside ce qui lui demeure de pouvoir effectif ; il n’est que trop facile de comprendre que c’est là tout autre chose que la comédie de la « pseudo-initiation ». Dans l’ésotérisme islamique, il est dit que celui qui se présente à une certaine « porte », sans y être parvenu par une voie normale et légitime, voit cette porte se fermer devant lui et est obligé de retourner en arrière, non pas cependant comme un simple profane, ce qui est désormais impossible, mais comme « sâher » (sorcier ou magicien opérant dans le domaine des possibilités subtiles d’ordre inférieur » (4) ; nous ne saurions donner une expression plus nette de ce dont il s’agit : c’est là la voie « infernale » qui prétend s’opposer à la voie « céleste », et qui présente en effet les apparences extérieures d’une telle opposition, bien qu’en définitive celle-ci ne puisse être qu’illusoire ; et, comme nous l’avons déjà dit plus haut à propos de la fausse spiritualité où vont se perdre certains êtres engagés dans une sorte de « réalisation à rebours », cette voie ne peut aboutir finalement qu’à la « désintégration » totale de l’être conscient et à sa dissolution sans retour (5).
Naturellement, pour que l’imitation par reflet inverse soit aussi complète que possible, il peut se constituer des centres auxquels se rattacheront les organisations qui relèvent de la « contre-initiation », centres uniquement psychiques, bien entendu, comme les influences qu’ils utilisent et qu’ils transmettent, et non point spirituels comme dans le cas de l’initiation et de la tradition véritable, mais qui peuvent cependant, en raison de ce que venons de dire, en prendre jusqu’à un certain point les apparences extérieures, ce qui donne l’illusion de la « spiritualité à rebours ». Il n’y aura d’ailleurs pas lieu de s’étonner si ces centres eux-mêmes, et non pas seulement certaines des organisations qui leur sont subordonnées plus ou moins directement, peuvent se trouver, dans bien des cas, en lutte les uns avec les autres, car le domaine où ils se situent, étant celui qui est le plus proche de la dissolution « chaotique », est par là même celui où toutes les oppositions se donnent libre cours, lorsqu’elles ne sont pas harmonisées et conciliées par l’action directe d’un principe supérieur, qui ici fait nécessairement défaut. De là résulte souvent, en ce qui concerne les manifestations de ces centres ou de ce qui en émane, une impression de confusion et d’incohérence qui, elle, n’est certes pas illusoire, et qui est même encore une « marque » caractéristique de ces choses ; ils ne s’accordent que négativement, pourrait-on dire, pour la lutte contre les véritables centres spirituels, dans la mesure où ceux-ci se tiennent à un niveau qui permet une telle lutte de s’engager, c’est-à-dire seulement pour ce qui se rapporte à un domaine ne dépassant pas les limites de notre état individuel (6). Mais c’est ici qu’apparaît ce qu’on pourrait véritablement appeler la « sottise du diable » : les représentants de la « contre-initiation », en agissant ainsi, ont l’illusion de s’opposer à l’esprit même, auquel rien ne peut s’opposer en réalité ; mais en même temps, malgré eux et à leur insu, ils lui sont pourtant subordonnés en fait et ne peuvent jamais cesser de l’être, de même que tout ce qui existe est, fût-ce inconsciemment et involontairement, soumis à la volonté divine, à laquelle rien ne saurait se soustraire. Ils sont donc, eux aussi, utilisés en définitive, quoique contre leur gré, et bien qu’ils puissent même penser tout le contraire, à la réalisation du « plan divin dans le domaine humain » (7) ; ils y jouent, comme tous les autres êtres, le rôle qui convient à leur propre nature, mais, au lieu d’être effectivement conscients de ce rôle comme le sont les véritables initiés, ils ne sont conscients que de son côté négatif et inversé ; ainsi, ils sont dupes eux-mêmes, et d’une façon qui est bien pire pour eux que la pure et simple ignorance des profanes, puisque, au lieu de les laisser en quelque sorte au même point, elle a pour résultat de les rejeter toujours plus loin du centre principiel, jusqu’à ce qu’ils tombent finalement dans les « ténèbres extérieures ». Mais, si l’on envisage les choses, non plus par rapport à ces êtres eux-mêmes, mais par rapport à l’ensemble du monde, on doit dire que, aussi bien que tous les autres, ils sont nécessaires à la place qu’ils occupent, en tant qu’éléments de cet ensemble, et comme instruments « providentiels », dirait-on en langage théologique, de la marche de ce monde dans son cycle de manifestation, car c’est ainsi que tous les désordres partiels, même quand ils apparaissent en quelque sorte comme le désordre par excellence, n’en doivent pas moins nécessairement concourir à l’ordre total. »
René Guénon, « Le règne de la quantité et les signes des temps ».
(1) Ce texte a été publié en 1945 (note de Bouddhanar). Les notes suivantes sont toutes de Guénon.
(2) Le chapitre 6 de la Genèse pourrait peut-être fournir, sous une forme symbolique, quelques indications se rapportants à ces origines lointaines de la « contre-initiation ».
(3) On peut appliquer ici analogiquement le symbolisme de la « chute des anges », puisque ce dont il s’agit est ce qui y correspond effectivement dans l’ordre humain ; et c’est d’ailleurs pourquoi on peut parler à cet égard de « satanisme » au sens le plus propre et le plus littéral du mot.
(4) Le dernier degré de la hiérarchie « contre-initiatique » est occupé par ce qu’on appelle les « saints de Satan » (awliyâ esh-Shaytân), qui sont en quelque sorte l’inverse des véritables saints (awliyâ er-Rahman), et qui manifestent ainsi l’expression la plus complète possible de la « spiritualité à rebours » (cf. « Le Symbolisme de la Croix, P. 186).
(5) Cet aboutissement extrême, bien entendu, ne constitue en fait qu’un cas exceptionnel, qui est précisément celui des awliyâ esh-Shaytân ; pour ceux qui sont allés moins loin dans ce sens, il s’agit seulement d’une voie sans issue, où ils peuvent demeurer enfermés pour une indéfinité « éonienne » ou cyclique.
(6) Ce domaine est, au point de vue initiatique, celui de ce qui est désigné comme les « petits Mystères » ; par contre, tout ce qui se rapporte aux « grands Mystères », étant d’ordre essentiellement « supra-humain », est par là exempt d’une telle opposition, puisque c’est là le domaine qui, par sa nature propre, est ansolument inaccessible à la « contre-initiation » et à ses représentants à tous les degrés.
(7) « Et-tadâbîrul-ilâhiyah fî’l-mamlakatil-insâniyah », titre d’un traité de Mohyddin Ibn Arabi.
Sunday, September 14, 2008
Les libertaires de l'Absolu (gnostiques)
Le prince de ce monde est nommé Ishvara en Orient, c’est le maître des dévapoutras. Il accorde parfois certains bienfaits temporaires à ses adorateurs, par exemple, plus de richesse et de biens, mais son opposition à la Libération des humains est inflexible. Il surveille l’humanité comme un éleveur avide qui n’accepte pas de perdre le plus petit animal.
Les anciens gnostiques se considéraient prisonniers sur terre d’un tyran-démiurge comparable à Ishvara. Jacques Lacarrière résume la pensée gnostique :
Nous sommes des exploités à l’échelle cosmique, les prolétaires du bourreau-démiurge, des esclaves exilés dans un monde soumis viscéralement à la violence, les sédiments d’un ciel perdu, des étrangers sur notre propre terre.
Etre étranger, au sens premier, c’est être pour les autres un être étrange. Je ne joue pas ici sur les mots car c’est l’étrangeté foncière de l’homme qui amena les gnostiques à réfléchir sur son origine et son statut terrestre. Ce terme exprimait à leurs yeux la disparité de nature entre l’homme virtuel de l’hyper-monde et la créature manquée, l’imitation d’homme que le démiurge se prit à façonner et à faire chuter dans le cercle du feu obscur. La condition d’étranger, par nature, est une condition fausse. On ne peut être étranger que par rapport à un non-étranger. Or dans les temps anciens, ce qui s’opposait, politiquement, civiquement, humainement à l’étranger, c’était l’autochtone. L’autochtone, c’est l’Athénien né à Athènes, l’Alexandrin né à Alexandrie, bref, le citoyen, mais c’était plus que cela : c’était l’homme né du sol lui-même, qui possède avec sa terre natale des liens biologiques insécables. Tout étranger est, en quelque sorte, l’autochtone d’un autre sol. La différence fondamentale qui sépare les gnostiques de leurs contemporains, c’est que, pour eux, leur "terre" natale n’est pas la terre, mais le ciel perdu dont ils ont conservé la mémoire : ils sont les autochtones d’un autre monde. D’où ce sentiment d’avoir chuté sur notre terre comme les habitants d’une planète lointaine, de s’être trompés de galaxie, et d’aspirer à rejoindre leur vraie partie cosmique, l’hyper-monde lumineux qui scintille au-delà du grand verrou nocturne. Leur déracinement n’est pas géographique mais planétaire. […]
Le démiurge sadico-pervers responsable de ce monde et de notre existence s’est ingénié, par ces incroyables combinaisons de molécules, ces agrégats indissolubles de matière, à nous rendre impossible ou très aléatoire toute évasion hors de la prison charnelle et planétaire.
[…]
Le monde où nous vivons est non seulement un monde opaque, alourdi, et promis à la mort, mais surtout un monde dû à une monumentale machination, un monde non prévu, non voulu, truqué de part en part, où chaque chose et chaque être est le résultat d’un malentendu cosmique. Dans ce tourbillon d’erreurs, cette chute et ce naufrage universels que sont l’histoire de la matière et celle de l’homme, nous sommes un peu sur terre comme des rescapés promis à la solitude éternelle, des détenus planétaires victimes d’une injustice à l’échelle du cosmos tout entier. Etoiles, éther, éons, planètes, terre, vie, chair, matière inanimée, psyché, tout est impliqué, entraîné dans ce scandale universel.
Par chance, les béances, les déchirures qui brillent dans le mur céleste de notre prison montrent qu’une voie possible existe pour la fuir. Dans la nuit stellaire, le gnostique sait que tout contact n’est pas irrémédiablement perdu avec les cercles supérieurs. Et que peut-être il peut vaincre, briser l’antique malédiction qui a truqué le jeu du monde pour nous rejeter, loin des scintillements et des embrasements de l’hyper-monde, dans le cercle enténébré où nous vivons, le "cercle du feu obscur".
Le but du gnostique est bien de s’évader de cette prison, "de tenter de franchir le mur séparateur, écrit Lacarrière, de regagner, en perdant au fur et à mesure la pesanteur aliénante de son corps et de sa psyché, le monde supérieur d’où jamais nous n’aurions dû chuter. "
"Les gnostiques", Jacques Lacarrière, éditions Albin Michel.
Dag Dugpa
Les sages chinois, virtuoses du ch’an, ne dépassent pas le 10ème siècle. De même, les gnostiques ont aussi perdu leur inspiration avec le temps.
Samaël Aun Weor, un gnostique du 20ème siècle, qui se serait réincarné dans le footballeur Zinedine Zidane selon l'étonnante révélation du gourou du groupe Ténèbres et Mensonges, n’est pas représentatif de la gnose antique. Samaël Aun Weor exprime dans ses écrits un rejet catégorique des lamas tibétains à cause de leurs pratiques tantriques :
" La huitième sphère de l’Abîme est la région où habitent les adeptes de la "main gauche", les bonzes du Tibet, les bonnets rouges, les ténébreux qui suivent les enseignements tantriques négatifs de Parsifal Krumm-Heller et de la secte Dag Dugpa, etc."
Dag Dugpa, Drugpa ou Drukpa, il s’agit d’une branche de la secte kagyu. Samaël Aun Weor n’appréciait ni les lamas ni les rosicruciens des loges de Krumm-Heller.
Saturday, June 07, 2008

Le pétrole, les lamas et la fin de la démocratie
Ceux qui découvrent le rôle ambigu de hauts lamas ténébreux dans la spiritualité contemporaine prennent vite la poudre d'escampette. Ils n’ont pas le courage de s’opposer à ces gourous d’affaires qui diabolisent la concupiscence des autres et s’accommodent fort bien de la leur. A cause de la névrose mystique occidentale, des lamas ovationnés à tort font partie du gratin international, ce sont les VIP rinpochés. Ils fréquentent les élites politiques, économiques et artistiques en pérorant les mensonges de la nouvelle spiritualité.
Après un terrible tremblement de terre, le dalaï-lama a dit : " C'est certainement le résultat d'un mauvais karma. Il n'y a pas de souffrances injustes, il n'est même pas de souffrance inutile... "
Ces paroles ne trahissent pas seulement une des nombreuses monstruosités religieuses fabriquées dans les loges orientales. Elles indiquent aussi que le lamaïsme participe à la mise en place d’une implacable société de castes.
Dans ce nouvel ordre social, les féodaux qui dirigent secrètement le monde ("grâce à leur karma positif ", sic le lama Dupont Lajoie) apparaîtront au grand jour et les peuples plieront sous le joug de leur tyrannie diabolique. "Le peuple misérable, dira le lama rééducateur en montrant son knout aux travailleurs faméliques, doit se résigner devant son mauvais karma." Une grande partie de la population sera réduite à l’état d’esclaves. Les bidonvilles, où s’entasseront les serfs, seront parcourus par des prédicateurs de l’Eglise du Christ-Maitreya. Les programmateurs de cerveau seront aussi d’insatiables violeurs d’enfants. Les parents indociles pourriront sur des fourches patibulaires. La vie humaine vaudra beaucoup moins qu’un litre de pétrole.
Le pétrole, c’est la meilleure façon d’asservir les peuples. Les marionnettes politiques ont bloqué les innovations dans le domaine des énergies nouvelles. La paralysie est toujours efficace depuis le premier choc pétrolier. Durant plus de trente ans, le système a éliminé méthodiquement des idées écologiques, des découvertes permettant d'utiliser d'autres énergies, des brevets géniaux et parfois des savants… L'humanité doit dépendre du pétrole jusqu’au jour où la grande crise éclatera. L'onde de choc fera s’effondrer les derniers remparts démocratiques contre la barbarie. Puis les armées privées des féodaux entreront en action…
La crise qui débute en 2008 (spéculation, aliments, pétrole hors de prix…) mettra fin à la démocratie. Le monde est désormais entre les griffes de féodaux cruels et les Guantanamo vont pousser comme des champignons vénéneux.
Les prédateurs :
" Au sens précis où les philosophes des Lumières emploient ce mot, les prédateurs sont des êtres "hors humanité". Jean-Jacques Rousseau : "Vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne."
Les prédateurs ne se rattachent à aucune école de pensée, ne plongent leurs racines dans aucune aventure collective, ne connaissent pas d’horizon historique, ne concluent d’alliances qu’avec leurs congénères et sont totalement dépourvus de motivations – si ce n’est le goût du pouvoir et de l’argent.
Ils ne sont ni de droite ni de gauche, ni du Sud ni du Nord. Aucune pensée collective n’a laissé en eux de traces identifiables. Ils n’ont pas d’histoire, ne construisent rien et meurent sans jamais avoir les yeux sur les hommes qui les entourent.
De part leur conduite quotidienne, ils s’installent en marge de l’humanité solidaire.
Ce sont des êtres perdus."
Jean Ziegler "Les nouveaux maîtres du monde", éditions Fayard.
Sunday, June 01, 2008
Le schisme Il y a quelques années, la communauté bönpo de Dolanji dans l’Himachal Pradesh recevait d’importants subsides du gouvernement tibétain en exil. Quelques temps auparavant, le dalaï-lama avait coiffé la tiare du Bön en signe de réconciliation des écoles rivales bönpo et guélougpa. Il faut savoir qu’au Tibet, dans les communautés bönpo, la popularité de l’ancien roi-dieu est loin d’atteindre les sommets de l’Himalaya. Les bönpo considèrent détenir l’authentique tradition du Tibet. Dans le passé, Ils avaient subi l’oppression et les conversions forcées des guélougpa qui exerçaient le pouvoir. En revanche, les Chinois sont plus amicaux, ils ont même participé financièrement à l’édition du canon bönpo ; ce qui n’aurait pas été possible sous le règne des dalaï-lamas. Devant l’attitude des Chinois, le 14ème dalaï-lama devait affirmer son leadership en coiffant la tiare du Bön et en reconnaissant cette tradition comme la cinquième école religieuse du Tibet. En contrepartie, le 33ème Abbé de Menri, Sa Sainteté Lounktok Tenpei Nyima, pouvait financer les travaux d'agrandissement de son monastère grâce à l’argent du dalaï-lama.
La récente crise du séparatisme tibétain a mis en évidence d'autres dessous pas très propres. La vénération d’un leader politique ou religieux n’est pas raisonnable pour le commun des mortels, mais pour les bouddhistes, c’est une véritable aberration. Le culte voué au dalaï-lama est en grande partie le résultat d’une opération de communication de discrètes et efficaces officines étasuniennes. Les discours et les livres du prix Nobel de la paix sont de gentils lieux communs. Le dalaï-lama n’est pas l’incarnation d’un dieu. C’est un homme qui commet, comme tous les êtres humains, des erreurs. Son erreur majeure est son allégeance à la puissance impérialiste dirigée par de riches affairistes, responsables de plus d’un million de morts en Irak.
Les Tibétains, qui doivent défendre leur niveau de vie, l’emploi, le droit aux soins médicaux, l’éducation, ne peuvent trouver dans le dalaï-lama un représentant droit et loyal face aux Chinois. La sympathie du prélat tibétain à l’égard des néo-conservateurs Américains est aux yeux des Chinois une honteuse collaboration. Il ne faut pas oublier que depuis des décennies la Chine communiste est confrontée à l’impérialisme US (Corée, Viêt-nam… En outre, une nouvelle guerre froide oppose maintenant la Chine et les USA). Dans l’intérêt de son peuple, le 14ème dalaï-lama doit se retirer de la scène politique.
La vassalité de la communauté lamaïste occidentale au pouvoir étasunien provoquera une crise salutaire. Le membre gangrené du lamaïsme mercantile au service de l’empire anglo-américain sera amputé. Un schisme permettra de se débarrasser des gourous d’affaires et de leurs intrigues. Les lamas tibétains promettent les pires peines infernales aux schismatiques. Les diables des enfers vont se réjouir, le schisme du bouddhisme tibétain est inévitable si cette tradition veut préserver la pureté de certains enseignements (le mahamoudra et le dzogchen extirpés du bric-à-brac cultuel du Vajrayana).
Les béni-oui-oui décérébrés ne peuvent plus imaginer le but ultime de la " révolte " du Bouddha. Ils constituent les bataillons de zombies de la nouvelle spiritualité. Ce sont de pauvres hallucinés qui pataugent dans la mare aux mirages religieux. De leur côté, les bouddhistes dignes de ce nom devront accaparer cette tradition et la renouveler. Ils s’affranchiront de l’imitation rituelle et du tibétain de cuisine. Les superstitions, la magie, les dogmes obsolètes seront éliminés. Le bouddhisme deviendra vraiment un art de vivre et un outil de libération sans autocrate perché sur un trône doré. Une alternative à l’actuelle aliénation sociale se dessinera. La communauté monastique sera régénérée et la misogynie disparaîtra. De petits lieux de vie recréeront l’harmonie avec la nature sans temple en béton. Les représentants seront élus pour une période limitée à une douzaine de mois. L’idolâtrie et le culte de la personnalité des rinpochés paraîtront grotesques.
Le retour du dalaï-lama
Le dalaï-lama est revenu en maître au monastère Bönpo de Dolanji dans l’état de l’Himachal Pradesh en Inde. L’abbé de Menri, à gauche du dalaï-lama, est bien affaibli. Petite scène pathétique à partir de 4 :40 mn, la dernière partie de la vidéo.
Saturday, March 15, 2008

Rousseau et le lamaïsme
Philosophe déiste, Rousseau était un défenseur de la religion naturelle. Il nous fait connaître ses idées religieuses dans le célèbre chapitre la Profession de foi du vicaire savoyard, qui est inséré dans L'Émile.
Les mielleux champions du néo-lamaïsme font le lit du totalitarisme religieux. Il n’est pas inutile de retrouver des critiques philosophiques qui dérangent les propagandistes du nouveau spiritualisme mondial :
" La religion considérée par rapport à la société, qui est ou générale ou particulière, peut aussi se diviser en deux espèces, savoir la religion de l’homme et celle du citoyen. La première, sans temples, sans autels, sans rites, bornée au culte purement intérieur du dieu suprême et aux devoirs éternels de la morale, est la pure et simple religion de l’Evangile, le vrai théisme, et ce qu’on peut appeler le droit divin naturel. L’autre, inscrite dans un seul pays, lui donne ses dieux, ses patrons propres et tutélaires : elle a ses dogmes, ses rites, son culte extérieur prescrit par des lois ; hors de la seule nation qui la suit, tout est pour elle infidèle, étranger, barbare ; elle n’étend les devoirs et les droits de l’homme qu’aussi loin que ses autels. Telles furent toutes les religions des premiers peuples, auxquelles ont peut donner le nom de droit divin civil ou positif.
Il y a une troisième sorte de religion plus bizarre, qui donnant aux hommes deux législations, deux chefs, deux patries, les soumet à des devoirs contradictoires et les empêche de pouvoir être à la fois dévots et citoyens. Telle est la religion des lamas, telle est celle des Japonais, tel est le christianisme romain. On peut appeler celle-ci la religion du Prêtre. Il en résulte une sorte de droit mixte et insociable qui n’a point de nom.
A considérer politiquement ces trois sortes de religions, elles ont toutes leurs défauts. La troisième est si évidemment mauvaise que c’est perdre le temps de s’amuser à le démontrer. Tout ce qui rompt l’unité sociale ne vaut rien. Toutes les institutions qui mettent l’homme en contradiction avec lui-même ne valent rien."
Jean-Jacques Rousseau " Du contrat social ".